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PIZZA, PASTA (& POLENTA)





Pizza, Pasta (& Pollenta) - du Montcenis à Nice en Gravel dans les yeux de Flavian! 

Samedi 11 Avril - 3 mois avant le début du voyage - La genèse !

Alors que nous sommes confinés depuis 3 semaines et qu’ils nous en restent encore 3 (chut, on croyait encore naïvement que ça va durer moins longtemps). Les projets du début d’année tombent à l’eau les uns après les autres. Mais il en faut plus pour nous décourager, l’important c’est de rebondir. Après tout, c’est une occasion unique de prendre le temps, et bien que ce soit à contre cœur au début, on y prend goût. On prend même le temps de débattre de la chloroquine, c’est peu dire qu’on a du temps. Heureusement, cette période permet de s’ouvrir à la réflexion, aux projets et aux voyages. Ce confinement c’est le désir de retourner rouler dehors, entre copains, et explorer de nouvelles routes.
Vous aussi, vous sentez ce doux mélange qui commence à sentir le bikepacking! Ni une ni deux, on ressort les 2-3 bouquins qui étaient censés nous motiver et on commence à tracer! « Ah putain, il est connu ce col »  « Ah oui celui-là je l’ai jamais fait » « Cette route est folle » « Mais faut le faire celui-là »…

Avec l’aide d’Openrunner, je découvre le traçage Gravel et c’est un plaisir de dessiner ce qui s’annonce être un beau et long trip!

Le point de base, une folle envie de faire la « Via Del Sale », cette trace Gravel d’une longueur d’environ 30kms, qui serpente à 2000m les crêtes de la frontière italo-française. Faisable sur 2 jours au départ et retour de Nice, cela semble trop court, alors on allonge et ça commence à prendre forme ! 

On peaufine les étapes, rien ne sert de trop vouloir en faire et il y a encore une part d’inconnu car, comme le disent les copains du PCR Gravier, « 1km Gravel = 4kms route ». Pour se motiver, on réunit les bons copains, tu sais ceux qui peuvent t’accompagner partout et qui ne râleront pas, (ou alors qui râleront, mais ce sera drôle). Les mecs positifs qui seront content d’être là! Ceux qui sont plutôt du genre à prendre la trace difficile en disant « ça fera des souvenirs », bref, les meilleurs !


Jeudi 9 Juillet - Veille du départ

“On charge les sacoches, mention spéciale à Christophe qui pense partir en stage commando avec Mike Horn. On finit de préparer les bikes, merci à notre mécano perso, Tom qui aura monté plus de tubeless que nous de cols alpins !

Le temps d’un dernier petit apéro pour régler les soucis de mapping. Merci à Openrunner pour la disponibilité et le soutien, et nous voilà à 6h pétante en ce matin du 10 Juillet prêt à prendre la route !"


Vendredi 10 Juillet - Jour 1

Point de départ, le col du Montcenis ! Un petit café le temps d’apprendre la vie par Simone, faut pas mourir bête!
Les paysages et les marmottes sont déjà au rendez-vous et donnent le ton! 2000m, ce sera notre altitude préférée pour les jours à venir. On profite déjà de quelques sentiers Gravel avec la vue sur le lac et on plonge en Italie! Ciao

On va chercher le premier morceau de la journée et du trip, le Colle Delle Finestre (2176m), un classique du Giro (18,6kms à 9,1% de moyenne dont 8 en section Gravel). Quand Froome s’y envole en 2018, les 15kgs de nos vélos nous y enfoncent. Les virages sont beaux et les lacets s’entrelacent mais la brume est bien présente et nous gâche une partie du spectacle. Juste le temps d’enfiler une veste, faire une photo et chambrer quelques motards Suisse en haut pour la poussière (ou parce qu’ils sont Suisses)! Direction le colle dell Assietta (2472m). En descente la pluie se fait sentir et l’odeur de la polenta nous chatouille les narines ! Au final, c’est pas plus mal de manger une bonne plâtrée tout en évitant la saucée !

Pas le temps de niaiser, il nous reste 1400m de dénivelé uniquement en section Gravel. Le Colle Dell’Assietta, cette route Gravel à flanc de montagne, moins connu que le Finestre car moins accessible mais tout aussi belle! Une fois encore, la brume décide de nous priver de la vue. Les efforts se font toujours entre 2000 et 2400m, une broutille pour notre piston de Morzine, forcément un peu plus dur pour notre sprinter Hollandais! On pousse le vice jusqu’au Colle Basset (2425m), c’est le premier jour on est encore frais, avant de plonger sur Sestrières (2035m), magnifique station de ski italienne qui aurait sa place dans le prochain casting des Revenants ! Le tout sous un bel orage, MAIS du bon côté de la vallée (toujours faire confiance à la trace plutôt qu’au mec en fringale).

On est content que Christophe parle italien car c’est une galère de trouver le logement dans cette station « dynamique ». Un panaché, une pizza, ciao bonsoir!



Samedi 11 Juillet - Jour 2


Assez lucide de la veille pour s’étirer, ça sent la bonne journée et l’excitation du début ! Même si, les 3 difficultés de la journée nous refroidissent! Montgenèvre, Izoard, Agnel, 90kms pour 3000 de d+ ! Si les vélos ne faisaient pas 15kgs, on appellerait ça une étape de transition.

Départ par une belle descente, la montée du Montgenèvre passe plutôt bien, en groupe ! Et le stop à la pharmacie va sauver notre puncher! L’angine de la nuit a rendu le sommeil difficile et le séjour est pourtant loin d’être terminé, ce n’est pas le moment de faire le guerrier ! On est content d’avoir un pharmacien dans la team, et on ne dit pas ça pour le bepanthene sur les parties intimes de Christophe. Merci pour le show tous les matins !

Descente sur Briançon, histoire de croiser les AG2R en stage chrono (ça souriait autant que Balkany au tribunal). On attaque l’Izoard (20kms à 5,7%). Une découverte pour certains, souvent emprunté par Guillestre car plus célèbre par la casse déserte! Plus facile par Briançon, il nous permet de goûter à l’humeur des automobilistes déjà saoulés de voir des cyclistes à peine à mi-juillet, chose qu’on a eu plaisir à oublier sur les 60kms gravel de la veille ! En tout cas, c’est beau, le changement d’ambiance en à peine 24 heures est incroyable. Il fait beau et chaud, le ciel bleu offre un magnifique contraste avec cette terre aride et ces crêtes en dent de scie. On se croirait dans un mix entre les Bardenas et les Dolomites. Le décor est propice à en faire une légende du tour, les derniers virages sont superbes, ça serpente… la folie !

La descente est tout aussi belle, la casse déserte offre une ambiance unique! Une chose à retenir, si tu ne l’as jamais fait, just do it ! (Non sponsorisé par Nike mais si vous êtes chaud)

C’est l’heure de se ravitailler car il nous reste un gros morceau. Petit stop à Château-Queyras histoire d’attaquer d’abord le plat de résistance, le Burger (« t’as raison ma Brenda, faut pas se laisser aller »). Le col d’Agnel (2744m) se présente, plus haut sommet de notre trip, un col à cocher pour tout cycliste ! La montée va être longue, chaude, il n’y aura pas de montée groupée, si ce n’est pour le gruppetto, qui est carbo! Une fois passé le premier village, on aperçoit déjà le sommet, loin, très loin, trop loin ! Chemin de croix, coca et san pellegrino n’y feront rien ! On se retrouve tous à 2kms du sommet pour finir ensemble, et c’est beau ! L’un de mes coups de cœur du séjour (avec la route du sel). On arrive très haut, la vue côté Italien est superbe et les derniers virages côtés français époustouflants ! Dans la continuité de l’Izoard, fracture de la rétine ! On redescend (en Gravel / MTB) au refuge (2500m), pour reprendre des forces, une douche chaude, laver et tenter de faire sécher les affaires !

Le temps d’une tisane avec la légende locale, Jérémie, vainqueur de la transjurassienne en 2015 (la longue svp). En plus d’assurer le couvert, c’est un sportif accompli, et comme on dit, une bonne brutale (ou un bon poney, vous choisissez) , l’hiver en fond, et l’été en ski-roue (son casque détruit sur une chute en descente de col l’approuve)



Dimanche 12 Juillet - Jour 3

5h30, ça s’agite au refuge, on va dire que c’est le charme de l’endroit. L’avantage, à 8h30 on est sur les vélos, chargés, à 2500m d’altitude, l’échauffement fait mal ! La descente côté italien est aussi belle que celle côté français, pas de quoi être chauvin !
Mais la météo ne semble pas être de la partie !



Arrivés dans la vallée, on se découvre avant d’attaquer la première difficulté du jour, le bordel s’accumule sur les sacoches, de quoi faire plaisir à Kendji Girac! Le Colle di Sampeyre (2284m), un beau morceau de 16kms à 8,5% de moyenne. A l’image du Finestre, la route est étroite, calme, on est loin de la folie d’un Izoard, ses motos et ses photographes, et les seuls à ne pas dire bonjour restent les français (« champion mon frère »). La brume épaisse nous gâche la vue, c’est dommage mais la tête est de toute manière focus sur la potence ! Une fois en haut, on ne voit pas à 10m, on se suit difficilement dans la descente, on rattrape un groupe de Vespa en même temps qu’on sort la tête des nuages tout en apercevant les petits villages en contrebas, si ça sent pas l’Italie là!  On se prend à chanter « Bella ciao » (quoi? C’est cliché?)! Pause déjeuner à Stroppo, faire le plein du moteur et des batteries externes (pas de prise électrique au refuge la veille) Les pâtes fraîches, c’est la vie, prêt à attaquer le dernier col, le Colle Fauniera (2511m) que nous ferons par la partie Gravel. Pour cela, nous empruntons le Colle del Preit (15kms à 7,7% dont de nombreux passages à 15%), un bijou, que nous reviendrons faire un jour j’en suis sûr afin de profiter du paysage. Il rejoint la route Gravel qui mène notamment à notre refuge pour la nuit : le refuge Gardetta perché à 2335m. Cette route Gravel d’une dizaine de kilomètres nous conduira également au Colle Fauniera le lendemain matin. 




Arrivée à 17h30, le luxe, chacun peut prendre sa douche chaude, recharger les batteries, se poser dans ce superbe refuge à l’accueil chaleureux. Il y règne une ambiance de « liberté », c’est un peu la maison du bonheur, on y reviendra avec les dames. On a le temps de prendre quelques bières, de refaire la journée, les paysages, les photos, de se régaler de la polenta (moi qui pensais que le plat national était la pizza) et d’une petite tisane avant de sombrer à 21h30…




Lundi 13 Juillet - Jour 4

Le départ se fait dans le brouillard, mais le peu de fois ou le ciel se dégage, on en prend plein la vue. A tel point qu’on sort le téléphone à chaque virage. L’endroit est unique, nous sommes seuls, on aimerait prendre encore plus le temps mais Antoine me fait remarquer que nous avons parcouru 5kms en 1h… On est à plus de 2000m, en montée Gravel depuis le début… La route serpente pendant presque 10kms avant de retomber sur le début de la descente du Fauniera. On n’y voit pas à plus de 10 mètres, la stèle de Marco Pantani attendra une prochaine ascension ! Il fait froid et humide dans la longue descente.  Arrivés à Demonte, le petit café et le croissant sont nécessaires (en plus de la pause réseau, les fans attendent des nouvelles !).

De là, 30kms de plat nous attendent, l’occasion rêvée pour les rouleurs de prendre leur revanche (ou du moins d’essayer). C’est la première fois que l’on a plus de 4kms de plat après le début du trip, qui est en forme de dent de scie. L’occasion rêvée de se mettre des sacoches de cyclo (le truc impensable il y a 5 ans). Ça joue tout de même les pancartes et le moindre zébra est l’occasion d’une attaque à faire pâlir Sandy Casar !

Ça creuse toutes ces conneries, malgré qu’il nous reste encore le plus gros morceau de la journée. Nous arrivons à Vernante pour nous restaurer. Après quoi nous aurons le col de Tende (13,6kms à 6,5%) depuis Limone, et une quinzaine de kilomètres de la Via Del Sale tout en Gravel, pas une mince affaire.

On repart un peu plus réchauffé et rassasié par le dessert légèrement chocolaté ! Direction Limone, encore une station Italienne qui pourrait rivaliser avec Ibiza tellement l’ambiance semble être aussi électrique qu’une maison de retraite en plein Covid-19. (oh ça va il nous a tellement fait chier celui-là)! Mais c’est le charme italien, comme depuis le début de notre trip, pas de superflu, ça sent l’ancien et l’authentique, et c’est en parfait accord avec ce voyage Gravel, où nous sommes loin de tout, et heureux de l’être !

Alors que l’on passe la station de Limone, le brouillard se fait de nouveau très présent. On comprend clairement qu’il ne bougera pas, on va devoir y retourner quelques temps à partir du moment où on dépasse les 1700m. C’est bien dommage car la montée serpente, cela doit être beau, il nous faut de l’imagination ! Arrivés au sommet, nous voyons à peine à 5 mètres, juste de quoi voir le panneau « haute route du sel ». A ce moment-là, la déception est tout de même bien présente car les heures passées à préparer l’itinéraire sur Openrunner, les photos sur internet, les points de vue google map avaient sacrément donner le goût d’y être.

De temps en temps, le ciel se dévoile et la seule chose que l’on peut entendre ce sont des « wahoo » ! On décide de faire quelques images au drone en profitant d’une fenêtre et on remercie Dji pour la fonction « retour au point de départ » sans quoi le petit engin serait resté dans la brume ! Le ciel reste capricieux mais une fois passé les 2000m, les éclaircies se font plus belles et plus fréquentes ! Clairement le coup de cœur de ce séjour. C’est sublime, du pur Gravel, une savoureuse solitude et cette route à flanc de montagne que tu suis, et qui, à chaque virage, t’offre une nouvelle carte postale ! Il faut dire que les jambes vont bien, ce qui aide à apprécier la vue et à lever la tête plus souvent du guidon. Encore une fois, on aimerait prendre plus de temps mais il est déjà 17h30 et il nous reste encore quelques kms de Gravel, pas facile jusqu’au refuge Don Barbera (2079m) où une petite douche froide nous attend.

Les pâtes de Matteo sont excellentes, il a bien compris qu’il a des clients, et revient nous servir en direct avec la marmite ! Un bon repas et une bonne tisane, ça détend. L’occasion pour nos voisins de table du 3ème âge de faire de l’œil à notre guide qu’ils qualifient de « gendre idéal », tandis qu’il semble lui-même se projeter sur un achat en viager.



Mardi 14 Juillet - Jour 5

5h du matin, on en prend l’habitude de ces refuges sans volet, nous nous réveillons gentiment. En douceur, car les premières lueurs sont brumeuses et épaisses, il est loin le soleil perçant et chaud d’un matin de Juillet. Mais le sud se rapproche, demain nous arrivons à Nice alors on se dit que le soleil va revenir !


Le petit-déjeuner (biscotte au goût d’anis) ne nous laissera pas un souvenir impérissable et le ventre plutôt creux. Le départ est une nouvelle fois rafraîchissant, mais comme la veille, les éclaircies font leurs apparitions et on poursuit la Via Del Sale avec quelques points de vue tout aussi beaux que la veille. On longe cette route à flanc de montagne tandis qu’un troupeau de vache fait sens inverse. Clairement on fait moins les malins, et on va dire que la priorité va à celles qui ont des cornes ! La route est parfois caillouteuse, parfois terreuse, ce changement de décor en si peu de temps est une nouvelle fois saisissant. Chaque jour aura réservé son lot de variété de paysage ! La mauvaise nouvelle, c’est que nous arrivons à la fin de la Via Del Sale et que Flavian ouvre le compteur de crevaison (la seule et l’unique pour le mec le plus léger du trip, clairement des progrès à faire dans le pilotage donc…). La bonne nouvelle c’est qu’on attaque une descente d’environ 20kms en Gravel, où nous ne croiserons pas la queue d’un chat. Les plus à l’aise font des dérapages à chaque virage, les moins à l’aise se contentent de rester sur le vélo et d’éviter les coups d’épaules en descente. Retour sur le bitume, le village de La Brigue n’est pas loin et fera un point de ravitaillement idéal. C’est 14 Juillet, les drapeaux sont de sortis, les gens sont dehors, ça fait du bien. Cela en excite quelques-uns qui décident de tout donner sur la pancarte de La Brigue, un élan de testostérone resté non-élucidé jusqu’à aujourd’hui! Le restaurant est en France, mais allez savoir pourquoi Chris continue de parler Italien au serveur… On vérifie s’il y a de belles filles à impressionner, cela ne semble pourtant pas être le cas ! Bref, c’est 14 Juillet donc, le kir est offert, est-ce vraiment un cadeau ?

En tout cas côté météo, c’est encore notre fête ! A peine nos assiettes avalées, un violent orage s’abat sur nous, mais genre violent ! On laisse passer et on repart en se disant qu’au prochain village on avisera entre remonter à 2000m en Gravel pour passer au Col du Turini (1607m) (sachant qu’on est à 800m d’altitude) ou aller au plus court à Sospel, notre étape pour le soir. Sauf qu’entre temps, on prend la grande sœur sur la tête ! Tu sais, en surf, ce n’est jamais la première vague de la série qu’il faut prendre, la suivante est plus grosse. Bah là c’est pareil ! Honnêtement, on se retrouve mouillés comme jamais, à tel point qu’on commence à remettre en cause l’étanchéité de nos équipements ! A contre cœur nous devons annuler la montée au col, qui plus est, dans les nuages! Une dernière difficulté nous attend tout de même, le col de Brouis (8kms à 5,7%). Une énième occasion d’attaquer, et d’exploser en plein vol… La pluie s’arrête, mais nous sommes trempés, le ciel gronde, il est chargé comme un orage estival ! Enfin arrivés là-haut, il ne nous reste plus qu’à descendre sur Sospel.


Arrivés à Sospel, le village est très joli, ça sent enfin le sud, le soleil est de retour, on prend même le temps de faire une photo de groupe. Il faut dire qu’avec le Turini en moins, on s’en sort bien, ça va permettre de prendre quelques panachés en plus (folie quand tu nous tiens) !

Cela fait du bien de retrouver un peu de confort, notre hôte propose d’utiliser le sèche-linge. On se douche à l’eau chaude et on dort dans un lit ! Sympathique d’avoir un peu de temps en dehors du vélo, de se poser en terrasse à 18h, et non le cul sur la selle avec encore 1h de galère ! On parle du lendemain, ce fameux dernier jour. On repense aux premiers qui semblent lointains et les anecdotes valent déjà le coup d’être racontées en boucle !




Mercredi 15 Juillet - Jour 6

C’est bizarre, le réveil sonne, on a passé une de nos meilleurs nuits (vive l’hôtel), mais les sentiments sont partagés entre le soulagement d’arriver et la nostalgie de finir ce trip.

Mais comme depuis le début du séjour, chaque journée réserve son lot de surprise et de paysage. On dirait que le beau temps semble enfin vouloir être avec nous. En même temps on a donné !

Le départ est matinal car il faut récupérer le van et rentrer sur Annecy dans l’après-midi. On se met en route, ça joue des coudes et du casque, ça appuie sur les freins du copain, le genre de jeu intelligent ! Bref, je crois qu’inconsciemment on essaye de faire durer le plaisir et de profiter des derniers instants ensemble. On attaque rapidement le col de Braus (11kms à 5,7%) qui se fera à 90% en Gravel. Ce col est une belle découverte, il faut dire qu’on arrive dans l’arrière-pays niçois réputé pour la pratique du Gravel. Il fait déjà très chaud, on est dans le sud cette fois, pas de doute. Arrivés au sommet, sur la partie asphaltée, ça se dispute la pancarte férocement, cela s’avère être un gros manque d'humilité ? (ou est-ce seulement ma perception de perdant?). Tu sais quand ton pote se permet de te demander si t’es à bloc en plein sprint alors qu’il te remonte…

En haut du col, on bifurque sur une nouvelle piste DFCI, et la mer se profile au loin ! La route est vallonnée, les cigales chantent, l'air est sec, ça donne envie de rouler plus longtemps par ici. Les pistes DFCI, quel régal, on se dit que dans le sud le Gravel c'est un "must have"! On récupère la route et une belle descente qui nous amène à St Agnès (c'est superbe et donne envie de prendre le temps de visiter). C'est également un lieu de négociation accru entre prendre la direction de La Turbie (et plonger plus rapidement sur la côte) ou suivre l'itinéraire direction Peille et donc monter le Col de la Madone (à 925m, encore 6kms à 7,7%). On ne va pas se mentir, malgré les qualités de commercial de Chris, c’est plutôt du 4 contre 1 et on prolonge le plaisir en entamant la Madone qui donne des points de vue sublimes ! Petite récompense, on découvre Johnny (en vrai on ne connait pas son nom) qui joue de la batterie à bloc dans le dernier virage ("Je m'éclate" qu'il nous répète à tout va, ça se voit et son énergie est communicative). Dans la descente, on croise même un local en maillot Matchy, et on s'arrête pour discuter à nouveau ! Que de rencontres dans ce col de la Madone! L'asphalte se fait de plus en plus présent, la mer se rapproche, on aborde le col d'Eze, la dernière occasion de profiter des points de vue au-dessus de la mer avant de plonger sur Nice. On a hâte de manger, mais le retour dans la circulation est brutal. On s’était habitué à nos routes à 2000m, entourés uniquement de vaches et de marmottes !


Alors comment finir ce trip ? On nous donne une très bonne adresse pour manger (Di Piu), les pâtes sont excellentes et on semble être les seuls à ne pas repartir avec un doggy bag… ! Une petite pizza au Nutella pour finir, le maillot blanc de Chris s'en souvient et il est l'heure de plier bagage ! 5h de route nous attendent pour rentrer sur Annecy.

Un sentiment d’accomplissement nous envahi. Au-delà de la trace, de sa difficulté, des paysages, ce qui ressort fortement c’est l’accomplissement d’avoir vécu une aventure humaine. D’avoir pris le temps avec des copains, de se découvrir, de s’encourager, de s’ouvrir car le meilleur voyage est celui qu’on partage !